Les céphalées, plus communément appelées « maux de tête », sont des douleurs très fréquentes. Entre 50 % et 75 % des adultes de 18-65 ans auront au moins un mal de tête au cours de l’année. Il existe différentes sortes de céphalées; cela dépend de leur origine. Il est à noter que ce n’est jamais le système nerveux central, ou le cerveau, qui est insensible au toucher ou à la douleur, mais plutôt les structures qui l’entourent, telles que les méninges, la boîte crânienne, les muscles du visage, de la tête ou du cou, ou les vertèbres cervicales, qui peuvent entre autres créer de la douleur à la tête.

Nous allons voir plus en détail un type particulier de céphalée, soit la migraine. La migraine peut se comparer à un « mal de bloc » qui dure des heures et même des journées. Les migraines affectent plus de deux millions de Canadiens chaque année. Selon Statistique Canada, la migraine est trois fois plus répandue chez les femmes (11,7 %) que chez les hommes (3,8 %).

Qu’est-ce que la migraine?

La migraine se caractérise par des crises qui durent normalement entre 4 et 72 heures. Généralement, elle touche un côté de la tête et sera pulsatile. La douleur migraineuse est souvent très violente. Généralement, elle débute d’un côté de la tête et peut éventuellement gagner tout le crâne. La migraine est souvent amplifiée par la lumière et le bruit et peut être associée à des nausées ou des vomissements. Dans certains autres cas, on note aussi des troubles neurologiques, tels que des faiblesses musculaires localisées et des modifications de la sensation.

Contrairement aux maux de tête classiques, la migraine se définit par l’apparition de plusieurs changements physiologiques, tels que des déséquilibres fonctionnels vasculaires (dilatation des artères extra – ou intracrâniennes1) et des déséquilibres nerveux (moteur et sensation). Ces changements physiologiques peuvent même aller jusqu’à modifier l’humeur de la personne qui en est atteinte.

Quelles en sont les causes?

L’origine précise des migraines reste encore sous investigation, mais plusieurs hypothèses ont été proposées. Certains facteurs ou habitudes de vie peuvent aggraver ou provoquer les symptômes associés à la migraine. L’alcool, dont le vin rouge, et certains aliments, comme le chocolat ou le monosodium glutamate (attendrisseur de viande), peuvent être à l’origine de migraines. Au-delà de l’alimentation, les facteurs de stress et de génétique pourraient aussi être des causes importantes.

Les recherches des 30 dernières années convergent vers une cause de type vertébrogénique (associée au mauvais fonctionnement de la colonne vertébrale2). Le corpus scientifique tend à démontrer que des pertes de mobilité aux première et deuxième vertèbres cervicales (C-1, C-2), aux cervico-dorsales (C-6 jusqu’à D-4) et aux dorso-lombaires (D-12 à L-3) ont été associées à la douleur migraineuse3.

Lorsqu’une personne est atteinte de migraines et que sa colonne vertébrale ne fonctionne pas de façon normale, il survient une cascade d’événements qui aboutira à un fonctionnement vasculaire anormal. Ce déséquilibre commence par une perte de mouvements vertébraux qui cause de l’inflammation et entraîne la production de substances toxiques. À leur tour, ces substances irritent et enflamment les racines des nerfs adjacents. Les racines nerveuses enflammées amplifient alors l’influx nerveux circulant dans les nerfs (facilitation), ce qui provoque des tensions musculaires ainsi que des anormalités vasculaires qui, au bout du compte, produisent une migraine.

Afin de bien diagnostiquer l’origine vertébrogénique de la migraine, un examen clinique de la colonne vertébrale est essentiel. Cet examen devrait aussi inclure une radiographie de la région du cou (cervicale) en positions de face, de côté, puis en flexion et en extension4 afin de trouver quelles sont les anormalités de mouvements. Des corrections vertébrales du ou des mouvements déficients devront être entreprises à la suite de ces examens. Des études scientifiques sur le traitement des migraines vertébrogéniques ont démontré un succès de 67,5 % en moyenne lorsque les corrections vertébrales (ajustements/manipulations) étaient pratiquées sur les patients souffrants5.

D’un point de vue scientifique, on pense que la pratique d’un sport diminuerait la fréquence des migraines. Les bêta-endorphines, naturellement sécrétées par le cerveau comme antidouleurs, serait augmentées lors de la pratique régulière d’un sport. Néanmoins, il est certain qu’une bonne alimentation, un bon nombre d’heures de sommeil par jour, une bonne gestion du stress et, bien évidemment, la pratique régulière de sport sont les éléments essentiels à la santé physique et psychologique. Comme le dit si bien le dicton : un esprit sain dans un corps sain. À vous de faire votre choix.

Traitement maison contre les migraines

  1. Allongez-vous dans une pièce sombre et calme;
  2. Appliquez de la glace sur la nuque;
  3. Exercez une pression sur les zones douloureuses de votre cou;
  4. Massez-vous légèrement afin de diminuer l’intensité de la douleur.

1 Bates, p. 66-67.

2 Vernon, p. 162.

3 Plaugher, p. 362.

4 Vernon, p. 162, 164.

5 Plaugher, p. 362.